Extraits de livres

 »Je ne prononcerai pas ces phrases qui commencent par « si tu m’aimes « . Je n’accrocherai pas de cadenas sur le pont des Arts. L’amour est un animal sauvage qui périt en cage. Je veux la liberté de Yann, qu’il soit heureux et que dans cet espace immense et libre il puisse choisir de me prévenir comme ces oiseaux migrateurs qui croisent les latitudes, traversent les continents, suivent l’horizon jusqu’au bout de la Terre et reviennent se poser dans leur nid sans jamais se perdre, aimantés à jamais par ce point de repère. » Charlotte Valendrey, N’oublie pas de t’aimer

« Moi aussi, j’attends ce moment, je m’en réjouis, mon présent se nourrit de cette joie, pourtant je refuse de céder à l’impatience de l’amoureuse qui donnerait tout pour arriver immédiatement au moment venu. J’ai fondamentalement changé mon rapport au temps. Quel que soit mon futur, ma priorité va au présent. Je prends plaisir à vivre pleinement l’instant, je prend conscience de la valeur de chaque moment. La vie se passe là, maintenant, le futur n’existe pas encore, il n’est qu’une promesse, une inconnue. J’observe autour de moi de plus en plus de personnes faire ce que je faisais, attendre sans cesse un évènement futur, un projet, une rencontre, un diner, un amour, des vacances, du temps libre, la retraite…
Le bonheur semble toujours à venir. Personne ne paraît satisfait de ce qu’il a, du temps présent dans lequel on vit. Alors on rêve de futur, on néglige le présent que l’on trouve banal, insatisfaisant, pourtant la vie s’écoule, se joue maintenant, dans cet instant même où vous me lisez, la vie est précieuse à tout moment. » Charlotte Valandrey, N’oublie pas de t’aimer

« Vous autres Européens, dont l’esprit se remplit dès l’enfance de tant de préjugés contraires au bonheur, vous ne pouvez concevoir que la nature puisse donner tant de lumières et de plaisirs. Votre âme, circonscrite dans une petite sphère de connaissances humaines atteint bientôt le terme de ses jouissances artificielles: mais la nature et le coeur sont inépuisables. Paul et Virginie n’avaient ni horloges, ni almanachs, ni livres de chronologie d’histoire, et de philosophie. Les périodes de leur vie se réglaient sur celles de la nature. Ils connaissaient les heures du jour par l’ombre des arbres; les saisons, par les temps où ils donnent leurs fleurs ou leurs fruits; et les années, par le nombre de leurs récoltes. Ces douces images répandaient les plus grands charmes dans leurs conversations. »
Paul et Virginie, Bernardin de Saint Pierre

« Moi, j’ai compris très tôt qu’une vie, ça passe en un rien de temps, en regardant les adultes autour de moi, si pressés, si stressés par l’échéance, si avides de maintenant pour ne pas penser à demain… Mais si on redoute le lendemain, c’est parce qu’on ne sait pas construire le présent et quand on ne sait pas construire le présent, on se raconte qu’on le pourra demain et c’est fichu parce que demain finit toujours par devenir aujourd’hui, vous voyez ? Donc il ne faut surtout pas oublier tout ça. Il faut vivre avec cette certitude que nous vieillirons et que ce ne sera pas beau, pas bon, pas gai. Et se dire que c’est maintenant qui importe :
construire, maintenant, quelque chose, à tout prix, de toutes ses forces. Toujours avoir en tête la maison de retraite pour se dépasser chaque jour, le rendre impérissable. Gravir pas à pas son Everest à soi et le faire de telle sorte que chaque pas soit un peu d’éternité. Le futur, ça sert à ça : à construire le présent avec des vrais
projets de vivants.  »
L’élégance du hérisson, Muriel Barbery

« L’évocation des arbres, de leur majesté indifférente et de l’amour que nous leur portons nous apprend à la fois comment nous sommes dérisoires, vilains petits parasites à la surface de la terre, et nous rend en même temps dignes de vivre, parce que nous sommes capable de reconnaitre une beauté qui ne nous doit rien. »
L’élégance du hérisson, Muriel Barbery.

  • Certains de mes passages préférés de « L’homme qui voulait être heureux », de Laurent Gounelle :

« Une vie réussie est une vie que l’on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l’on fait, en restant en harmonie avec qui l’on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l’occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu’à nous-mêmes et d’apporter quelque chose à l’humanité, même très humblement, même si c’est infime. Une petite plume d’oiseau confiée au vent. Un sourire pour les autres. »

« Pour pouvoir aimer une telle personne, distinguez-la de ses actes. Dites-vous que malgré son attitude détestable, il y a quelque part, au fond d’elle, peut-être enfoui et sans qu’elle le sache elle -même, quelque chose de bien. Si vous parvenez à percevoir ce quelque chose et que vous l’aimez, vous amènerez cette personne à entrer en contact avec cette petite part d’elle-même. »

« Il est vrai que les gens ont tendance à se comporter selon la façon dont on les voit, à s’identifier à ce que l’on perçoit en eux. Il faut comprendre que chacun de nous a des qualités et des défauts; ce sur quoi on focalise son attention a tendance à prendre de l’ampleur, à s’étendre. Si vous braquez les projecteurs sur les qualités d’une personne, même si elles sont infimes, elles s’accentueront, se développeront jusqu’à devenir prépondérantes. D’où l’importance d’avoir dans votre entourage des gens qui croient en vous, en vs qualités et en vos capacités. »

« Les bébés ont énormément de choses à nous apprendre. Regardez un enfant qui apprend à marcher: vous croyez qu’il réussit du premier coup? Il tente de se redresser et hop ! Il tombe. C’est un échec cuisant, et pourtant il recommence immédiatement. Il se redresse à nouveau et… il retombe! Un bébé va tomber en moyenne deux milles fois avant de savoir marcher. »

« Il y a des circonstances où l’on est amené à faire des choix, donc à renoncer à des choses auxquelles on tient, pour aller vers ce que l’on a le plus à cœur. Si vous ne renoncez à rien, vous vous abstenez de choisir. Et quand on s’abstient de choisir, on s’abstient de vivre la vie qu’on voudrait ».

« La plupart de nos peurs sont des créations de notre esprit. Vous ne le comprenez probablement pas, mais savoir se tourner vers les autres pour leur demander quelque chose est fondamental. Tous les gens qui réussissent leur vie ont cette compétence. »

« Oui, parce que mentir est avant tout mauvais pour soi. Un peu comme si cela générait une énergie négative que l’on accumulerait en soi. Essayer a vérité: vous verrez, c’est libérateur, et on se sent beaucoup plus léger d’un seul coup ».

« Que chacun mène sa vie car les échecs n’existent pas, il n’y a que des expériences, alors faites au mieux, jeunes gens remplis de vie, devenez qui vous êtes, offrez le meilleur de vous-même et que la fête commence ! » Charlotte Valendrey, Vers le 8è Ciel.

« L’amour amoureux est UNE facette de l’amour. L’amour de la vie qu’il nous faut préserver, l’amour pluriel, celui de TOUS les hommes, de notre prochain, m’importent bien davantage que les histoires du cœur. Songez-y. » Charlotte Valendrey, Vers le 8è Ciel.

« A la manière d’Einstein. Quand il dit : « Le hasard c’est Dieu qui passe incognito », il n’évoque aucun Dieu religieux, plutôt une puissance supérieure, créatrice de ce monde et des « autres insoupçonnés ». Aucun astrophysicien, confronté à la merveille des espaces infinis, ne peut penser autrement. Ma mère était de confession juive et mon père catholique, mais je ne me reconnais dans aucune religion, je dirais plutôt que je les porte toutes. Comment penser que Dieu est catholique, juif ou musulman quand des milliards croient qu’il est taoïste, bouddhiste, hindouïste ?… Qui a raison ? Personne ! Et le monde se bat pour ça… Les religions devraient répandre l’amour mais c’est elles qui tuent le plus. » Charlotte Valendrey, Vers le 8è Ciel.

« Tout paraît fou avant d’être compris ». Charlotte Valendrey, Vers le 8è Ciel.

« Il ne s’agit pas de magie, pas de hasard non plus, vous le comprendrez bientôt… Il y a des rencontres qui font ses, des énergies qui s’attirent, des signes de la vie comme les morceaux d’un puzzle que l’on compose chaque jour… Encore faut-il les voir… Le hasard c’est Dieu qui passe incognito, vous connaissez cette citation ? » Charlotte Valendrey, Vers le 8è Ciel.

« Il est possible qu’au-delà de ce que perçoivent nos sens se cachent des mondes insoupçonnés. » Albert Einstein

  • Citations de Veronika décide de mourir, Paulo Coelho :

« Personne ne doit s’habituer à rien, Eduard. Regarde : je m’étais mise à aimer de nouveau le soleil, les montagnes, et jusqu’aux problèmes de la vie ; j’avais même admis que si mon existence n’avait pas de sens, ce n’était la faute de personne d’autre que moi. Je voulais voir encore la place de Ljubljana, sentir la haine et l’amour, le désespoir et l’ennui, toutes ces choses simples, dérisoires, qui font partie du quotidien, mais donnent son goût à la vie. Si un jour je pouvais sortir d’ici, je me permettrais d’être folle parce que tout le monde l’est. Les pires sont ceux qui ne savent pas qu’ils le sont, parce qu’ils ne font que répéter ce que les autres leur ordonnent. »

« Il doit en être ainsi pour vous ; soyez fous, mais comportez-vous comme des gens normaux. Courez le risque d’être différents, mais apprenez à le faire sans attirer l’attention. Concentrez-vous sur cette fleur, et laissez se manifester votre Moi véritable. – Qu’est-ce que le Moi véritable ? » Demanda Veronika en lui coupant la parole. Tout le monde le savait peut-être, mais elle n’en avait cure : elle devait cesser de se raconter sans cesse qu’elle dérangeait les autres. L’homme parut surpris de cette interruption, mais il répondit : « C’est ce que tu es, et non ce qu’on a fait de toi. »

« Et la chaleur ? La température devait être la même que celle des étés actuels, trente-cinq degrés à l’ombre. Si ces gens (été 1910/femmes avec lourdes robes etc) avaient vu arriver un Anglais en bermuda et en manches de chemise, tenue beaucoup plus adaptée à la chaleur, qu’auraient-ils pensé ? « Ce doit être un fou. » Elle avait parfaitement bien compris ce que le Dr Igor avait voulu dire. De la même manière, elle comprenait qu’il y avait toujours eu dans sa vie beaucoup d’amour, de tendresse, de protection, mais qu’un élément avait manqué pour faire de tout cela une bénédiction : elle aurait dû être un peu plus folle. »

« Tu n’as donc rien appris, même à l’approche de la mort ? Cesse de penser que tu causes de l’embarras, que tu déranges ton prochain ! Si cela ne leur convient pas, les gens n’ont qu’à se plaindre. Et s’ils n’ont pas le courage de se plaindre, c’est leur problème. – L’autre jour, quand je suis venue vers vous, j’ai fait quelque chose que je n’avais jamais osé faire. »

« Durant toute notre existence, le gouvernement nous a appris que la quête spirituelle n’existait que pour éloigner l’homme de ses problèmes réels. Maintenant réponds-moi : tu ne trouves pas qu’essayer de comprendre la vie est un problème réel ? »

« Nous appelons ce clavier AZERTY, puisque les premières lettres de la première ligne sont disposées ainsi. La première machine fut inventée par Christopher Sholes, en 1873, pour améliorer la calligraphie, mais elle présentait un problème : si la personne dactylographiait très vite, les caractères s’entrechoquaient et enrayaient le mécanisme. Alors Sholes dessina le clavier AZERTY, un clavier qui obligeait les dactylographes à aller lentement. »

« A présent, venons-en à votre maladie : chaque être humain est unique, il a ses propres qualités, ses instincts, ses formes de plaisir, sa quête de l’aventure. Cependant la société impose une manière d’agir collective, et les gens ne cessent de se demander pourquoi ils doivent se comporter ainsi. Ils l’acceptent, comme les dactylographes ont accepté le fait que l’AZERTY fût le meilleur clavier possible. Avez-vous jamais rencontré quelqu’un qui se soit demandé pourquoi les aiguilles d’une horloge tournent dans un sens, et non dans le sens contraire ? – Non. – Si quelqu’un le faisait, il s’entendrait probablement répondre : “ Tu es fou ! ” S’il insistait, les gens s’efforceraient de trouver une raison, mais bientôt ils changeraient de sujet, parce qu’il n’y a pas d’autre explication que celle que je vous ai donnée. Alors, je reviens à votre question. Répétez-la. – Suis-je guérie ? – Non. Vous êtes une personne différente qui veut ressembler aux autres. Et cela, de mon point de vue, est considéré comme une maladie grave. – C’est grave d’être différent ?235 – C’est grave de s’obliger à ressembler à tout le monde : cela provoque des névroses, des psychoses, des paranoïas. C’est grave parce que c’est forcer la nature et aller à l’encontre des lois de Dieu, qui, dans tous les bois et toutes les forêts du monde, n’a pas créé une seule feuille identique à une autre. Mais vous, vous pensez que c’est une folie d’être différente, et c’est pourquoi vous avez choisi de vivre à Villete : ici, comme tous sont différents, vous devenez semblable à tout le monde. Avez-vous compris ? »

Maldoror chant premier :

« Il ne faut pas qu’un doute inutile tourmente ta pensée : toutes ces tombes, qui sont éparses dans un cimetière, comme les fleurs dans une prairie, comparaison qui manque de vérité, sont dignes d’être mesurées avec le compas serein du philosophe. Les hallucinations dangereuses peuvent venir le jour ; mais elles viennent surtout la nuit. Par conséquent, ne t’étonne pas des visions fantastiques que tes yeux semblent apercevoir. Pendant le jour, lorsque l’esprit est en repos, interroge ta conscience ; elle te dira, avec sûreté, que le Dieu qui a créé l’homme avec une parcelle de sa propre intelligence possède une bonté sans limites, et recevra, après la mort terrestre, ce chef-d’œuvre dans son sein. Fossoyeur, pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ces larmes, pareilles à celles d’une femme ? Rappelle-toi-le bien ; nous sommes sur ce vaisseau démâté pour souffrir. C’est un mérite, pour l’homme, que Dieu l’ait jugé capable de vaincre ses souffrances les plus graves. Parle, et puisque, d’après tes vœux les plus chers, l’on ne souffrirait pas, dis en quoi consisterait alors la vertu, idéal que chacun s’efforce d’atteindre, si ta langue est faite comme celle des autres hommes. »

  • Extraits, de Pierre Bordage, un roman du genre Petit prince moderne ♥

« Je visitais la cité de New York. Certains quartiers, déserts et silencieux, étalaient crânement leur opulence: la conscience aiguë de leurs privilèges et la peur permanente de perdre ces mêmes privilèges semblaient être le seul souci des humains peuplant ces immeubles aux allures de forteresses. Ils jouissaient avec une telle avidité de leur environnement de matière qu’ils en oubliaient d’explorer leurs âmes. Je voyais leurs silhouettes se mouvoir dans la lumière des grandes baies vitrées. Ils avaient érigé un invisible barrage entre les autres humains et eux, croyant naïvement qu’il leur suffisait de se rassembler en un même lieu pour former un groupe d’élus, se reconnaissaient entre eux par des signes aussi dérisoires que les vêtements, les voitures, les bijoux, les manières, le faste, les réceptions et l’argent. Ils pensaient dominer le monde du haut de leurs tours gardées par des hommes en uniforme sans se rendre compte qu’ils ne réussissaient qu’à reculer sans cesse les limites de leurs déserts intérieurs. Ils tentaient de combler leur vide en habillant leurs décors familiers de luxe, ce qui équivalait à essayer de remplir d’eau une baignoire sans fond. J’éprouvai pour eux de la compassion et les entourai de tout mon amour. »

« -Que se passe-t-il ici? demandais-je. Ma question sembla le surprendre.
-La guerre! La guerre, merde! Tu ne le sais donc pas?
-Qu’est ce que c’est la guerre?
-D’où tu sors, toi? Tu as perdu la boule ou quoi?
-Je suis à la recherche de mes souvenirs.
-Ah, d’accord. Il y a plein d’amnésiques dans le coin. Traumatisés par les explosions. Ou encore leur cerveau a été rongé par les saloperies chimiques expédiées par les enc…ceux d’en face. La guerre, c’est…euh…deux camps, des ennemis qui s’affrontent.
-Pourquoi s’affrontent-ils?
-Des histoires politiques. Des conneries. Nous sommes du même pays, mais d’ethnies différentes, tu vois? Les uns se battent pour leur indépendance, j’en fais partie, les autres ne veulent pas leur accorder cette indépendance.
-Qu’est ce qu’une ethnie?
-Des gens de la même…euh…race, enfin, pas vraiment mais je n’ai pas d’autre mot, des gens qui parlent la même langue, qui habitent le même coin, qui ont les mêmes mœurs, la même religion.
-Un pays est différent d’un coin?
-Tu as de ces questions, toi! Un pays peut avoir plusieurs coins. Ils arrivent que les coins ne soient pas d’accord.
-Et c’est pour ça que vous vous tuez les uns les autres?
-Ben ouais… »

« Sa voix était une lame tranchante, forgée par la souffrance, avec laquelle il continuer de tailler dans la plaie. Sa souffrance avait la forme d’une fille bien-aimée qui, vaincue par la maladie, avait quitté le monde des hommes un joli soir de pluie. Elle s’était évadée par la fenêtre de la mort et, comme son père ne distinguait plus son âme maintenant qu’elle n’avait plus de corps, il s’imaginait qu’il ne la reverrait jamais. Je discernais l’âme de l’enfant qui, forte de l’amour porté à son père, rôdait, indécise, malheureuse, tout près de lui; elle n’osait poursuivre sa route, partir vers d’autres cieux. La perception partielle et la douleur chérie de l’homme qui lui avait donné la vie la maintenait captive dans l’obscur et improbable couloir. »

« Tu ne devrais pas être triste pour la femme que tu aimes. Tu peux continuer de l’aimer même si elle a choisi de chérir un autre homme. Elle croit qu’elle trouvera le bonheur avec lui, elle se rendra compte que le bonheur ne dépend que d’elle. De même que ton bonheur ne dépend que de toi, Vieux. »

« Je vis que Père et Docteur se ressemblaient même s’ils se chamaillaient sur des points de détails: Les structures de leurs hiérarchies s’étaient cristallisées en eux. L’un, sectateur féroce de la médecine, l’autre, apôtre zélé de l’Église du dénommé Jésus-Christ, avaient étouffé la subtile musique de leurs âmes pour permettre au lourd fracas des dogmes de résonner dans leurs bouches. Il ne me servirait à rien de les convaincre: Je m’adressais aux tentacules d’invisibles monstres. »

  • Onze minutes, Paulo Coelho

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous. Amen.

Parce que je suis la première et la dernière
Je suis la vénérée et la méprisée
Je suis la prostituée et la sainte
Je suis l’épouse et la vierge
Je suis la mère et la fille
Je suis les bras de ma mère
Je suis la stérile et mes enfants sont innombrables
Je suis la bien mariée et la célibataire
Je suis celle qui donne le jour et celle qui n’a jamais procréé
Je suis la consolation des douleurs de l’enfantement
Je suis l’épouse et l’époux
et c’est mon homme qui m’a créée
Je suis la mère de mon père
Je suis la soeur de mon mari
et il est mon fils rejeté
Respectez-moi toujours
Car je suis la scandaleuse et la magnifique
Hymne à Isis, III ou IV siècle ap. J.-C, découvert à Nag Hamadi

Mais quelle sottise suis-je en train de dire ? En amour, personne ne peut blesser personne : chacun est responsable de ce qu’il éprouve et ne peut en blâmer l’autre.
Je me suis déjà sentie blessée quand j’ai perdu les hommes dont j’étais amoureuse. Aujourd’hui, je suis convaincue que personne ne perd personne, parce que personne ne possède personne.
C’est cela la véritable expérience de la liberté : avoir la chose la plus importante au monde, sans la posséder.
 
Enfin, des rêves comme celui-là ne durent pas, et Maria avait assez vécu pour s’apercevoir que la réalité n’était pas en accord avec ses rêves. Voilà quelle était maintenant sa plus grande joie : dire à la réalité qu’elle n’avait pas besoin d’elle, que son bonheur ne dépendait pas des événements qui se produisaient.

Le désir profond, le désir le plus réel, c’est celui de s’approcher de quelqu’un. A partir de là, les réactions s’expriment, l’homme et la femme entrent en jeu, mais l’attirance qui les a réunis est inexplicable. C’est le désir à l’état pur.
Quand le désir est encore en cet état de pureté, l’homme et la femme se passionnent pour l’existence, vivent chaque instant avec vénération, consciemment, attendant toujours le moment opportun pour célébrer la bénédiction prochaine.
Les gens qui connaissent cela ne sont pas pressés, ils ne précipitent pas les événements par des actes inconsidérés. Ils savent que l’inévitable se manifestera, que la vérité trouve toujours le moyen de se montrer. Ils n’hésitent pas, ne perdent pas une occasion, ne laissent passer aucun instant magique, parce qu’ils respectent l’importance de chaque seconde.
 
Sous l’effet de la passion, on cesse de se nourrir, de dormir, de travailler, d’être en paix. Beaucoup de gens sont effrayés parce qu’elle anéantit sur son passage tout ce qui relève du passé.
Personne n’aime à voir son univers désorganisé. C’est pourquoi beaucoup parviennent à contrôler cette menace et peuvent maintenir debout une structure qui est déjà poussière. Ce sont les ingénieurs des choses dépassées.
D’autres pensent exactement le contraire : ils s’abandonnent sans réfléchir, espérant trouver dans la passion la solution à tous leurs problèmes. Ils placent dans l’autre toute la responsabilité de leur bonheur et le rendent coupable de leur éventuel malheur. Ils sont en permanence euphoriques parce que quelque chose de merveilleux leur est arrivé, ou déprimés parce qu’un événement auquel ils ne s’attendaient pas a fini par tout détruire.
 
C’est un homme. Et un artiste. Il doit le savoir, l’objectif de l’être humain est de comprendre l’amour absolu. L’amour n’est pas en l’autre, il est en nous ; c’est nous qui l’éveillons. Mais, pour cet éveil, nous avons besoin de l’autre. L’univers n’a de sens que lorsque nous avons quelqu’un avec qui partager nos émotions.

J’ai déjà commis une erreur lorsque j’avais onze ans et qu’un garçon est venu me demander de lui prêter un crayon ; depuis lors, j’ai compris que parfois il n’y a pas de seconde occasion, et qu’il vaut mieux accepter les cadeaux que le monde vous offre. Bien sûr, c’est risqué, mais ce risque est-il plus grave qu’un accident dans l’autocar qui a mis quarante-huit heures à me conduire jusqu’ici ? Si je dois être fidèle à quelqu’un ou à quelque chose, je dois d’abord être fidèle à moi-même. Si je cherche l’amour véritable, je dois d’abord en finir avec les amours médiocres que j’ai rencontrées. Le peu d’expérience que j’ai m’a appris que personne n’est maître de rien, que tout n’est qu’illusion et cela va des biens matériels aux biens spirituels.

Celui qui a perdu quelque chose qu’il croyait assuré (ce qui m’est arrivé si souvent) finit par apprendre que rien ne lui appartient.

Et si rien ne m’appartient, je n’ai pas non plus besoin de me soucier des choses qui ne sont pas à moi ; plutôt vivre comme si aujourd’hui était le premier (ou le dernier) jour de mon existence.

 Elle fut amoureuse une troisième, puis une quatrième fois, elle savait désormais embrasser, caresser et se laisser caresser en tête à tête avec ses amoureux ; mais il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas, et la relation se terminait précisément au moment où Maria était enfin convaincue que le garçon était celui avec lequel elle pourrait passer le restant de ses jours. Finalement, elle parvint à la conclusion que les hommes n’apportent que douleur, frustration, souffrance et ennui. Un après-midi où elle se trouvait dans le parc, regardant une mère jouer avec son fils de deux ans, elle décida qu’elle pouvait envisager d’avoir elle aussi un mari, des enfants, une maison avec vue sur la mer, mais que plus jamais elle ne serait amoureuse, car la passion abîme tout.

Quand nous rencontrons quelqu’un et que nous tombons amoureux, nous avons l’impression que tout l’univers conspire en ce sens ; cela m’est arrivé aujourd’hui au coucher du soleil. Mais si quelque chose ne tourne pas rond, tout s’effondre et disparaît ! Les hérons, la musique au loin, le goût de ses lèvres. Comment la beauté qui se trouvait là quelques minutes auparavant peut-elle disparaître si rapidement ? La vie va très vite : elle nous transporte du ciel à l’enfer, et c’est l’affaire de quelques secondes.

***

Richard Boringer, dans Traîne pas trop sous la pluie.

-Il y a pleins d’autres soleils alors ne traîne pas trop sous la pluie,

-Je sais, mon frère, que ton chagrin est immense. Fais en sorte qu’il ne soit pas éternel.

-J’ai vécu la folie de celui qui veut être tout à la fois .

-Le mot est fort et l’ambition est mortelle. Dans le souffle de l’humain existe le secret.

-Parle-moi. Dis-moi que tu aimes mon corps chaotique. Je veux pas aller sur la mer. Je veux remonter les rivières, jusqu’au fond des terres, me perdre dans le vert d’un monde meilleur. Mon aimée. Ma tentative, mon espérée. C’est le coeur de la machine que j’entends. C’est ma dernière plongée en apnée. Je vais revenir des abysses. Je n’ai plus de miroir. Je nage avec mon ventre. Aucun étonnement autour de moi. D’autres nagent avec leurs museaux. Le peuple d’en bas glisse silencieusement dans la nuit des océans. Je viens des grands fonds. J’ouvrirai le ciel pour qu’il te rassure et que tu dormes en paix. L’ombrage et la colère. C’est toi, le pot de miel. C’est moi, l’abeille. Ou c’est le contraire. Je ne me souviens plus. Viens.

-Tu seras nu comme un héros. Aider ta souffrance à être moins solitaire. Entendre l’arbre la nuit se retourner dans son écorce. Il ne dort que d’un œil. Il te protège. Au bord du lac, les voix qui viennent du ciel s’éteignent.

-Je voudrais l’universel. Celui qui te fait revisiter la vie. Celui qui lave l’âme. Je voudrais des années sans soupir.Avec le matin aussi radieux que le coucher. Je me battrai de toutes mes forces jusqu’au bout, avec des bas terribles et des hauts flamboyants. Comme tout le monde !

-Le combat joyeux est de retrouver la curiosité de chaque instant. La culpabilité ne sert à rien. Seule la conscience est ta sœur. Elle te dit la vérité. Elle n’a rien à cacher, à te cacher. Elle est pure. Elle est ce que tu voulais être et ce que tu n’es pas.

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