Décadence

« Dis-moi dix mots » : concours pour lequel il fallait créer un poème avec les 10 mots imposés (en gras) => explication du poème en fin de page.

Avortons dans ce grabuge de ouf,
Ces moutons de Panurge m’étouffent.
Les parigots m’étonnent et m’assomment,
A tire-larigot, ils entonnent

Des farandoles de fariboles ;
Ripatons et guiboles s’affolent.
Charivari occulte et farfelu,
Avarie du tumulte superflu,
Elague les bontés et les pensées
De ces huluberlus trop stressés.

Zigzag d’infâmes azimutés,
Tout feu tout flamme
Se dandinent sans s’extirper
De leurs libertés usurpées.

Enfiévrée, j’aspire à m’enlivrer
Loin du tohu-bohu de la rue,
Bien isolée des malotrus,
Musset, Verlaine et Signoret
Ont le don pour m’ambiancer

De leurs odes romancées.
Trèves de rimes élucubrées,
Poésies, rêveries et artistes
Sont les fleurs de ce monde timbré,
Etoiles d’un ciel sinistre.

Pauline Chat-Niah
29.03.2014


Explication: 

« Décadence », ce thème m’a inspiré. Tout simplement parce que chaque jour je m’y sens confrontée quand je marche dans la rue. Pour moi, c’est la décadence de l’homme du XXIème siècle. Le bruit, la pollution, les pubs, les gens au téléphone, les seins en plastique, les gens qui ne se parlent plus, ne sourient pas assez, râlent pour des futilités, s’habillent en noir, oublient de regarder la beauté de notre monde. La beauté de la langue française, de la nature, du moment présent, bref l’homme en vient à s’oublier lui-même. Il oublie de penser à lui, aux choses de la vie. Il reçoit ses œillères de plus en plus tôt par la société et l’homme devient robot, à en oublier la terre avec laquelle il vit et à en oublier soi-même.

Par le style et les mots employés dans ce poème (néologisme, verlan, etc), j’ai voulu faire transparaître cela. Un poème saccadé et rapide avec des mots à l’image de l’homme occidental qui oublie de s’arrêter. Pour contempler. Pour admirer. Pour aimer. A en faire trop, il oublie le principal : prendre le temps. Il n’y a qu’en prenant le temps qu’on peut observer, réfléchir, se détendre. Tout cela tend à passer à la trappe à cause de ses fameuses œillères meurtrières. Œillères sur le travail, la rentabilité, la beauté superficielle, la réussite qui n’en est pas si le bonheur n’est pas au rendez-vous.

Néanmoins, je ne pense pas que modernité soit synonyme d’absence de beauté. Avec mes choix de mots modernes, entre autres, j’ai voulu tout de même rendre ce poème chantant et fluide.

Donc voici mon message : c’est celui d’une prise de conscience à réaliser. S’observer, nous et nos vies ainsi que nos comportements qui actuellement à mes yeux virent dans une décadence totale.

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